Le nombre

Il existe trois nombre en Labellais le singulier, le duel et le pluriel. Nous parlons ici de nombre grammaticaux, nous parlerons dans un prochain article de la manière de compter. Le nombre grammatical permet de désigner au moyen de flexions la quantité de choses dont on parle.

  • Contrairement au singulier en français, qui désigne toute quantité strictement inférieur à deux (1.99 euro), le singulier en Labellais désigne l’unité, une quantité égale à un.
  • Le duel (absent en français moderne) désigne quant à lui une quantité égale à deux.
  • Le pluriel désigne toute quantité différente de un et de deux, zéro est donc pluriel comme c’est le cas en anglais (zero toxics).

La notion de nombre en Labellais existe pour les personnes et les objets mais pas pour les éléments qui sont indénombrables, comme le « lait » qui en français n’est pas dénombrable.

De quel genre ?

Le genre en Labellais n’existe que pour les personnes, c’est-à-dire les humains et les autres animaux. Comme dans beaucoup de langues, le masculin et le féminin existent, en revanche l’infantile (ou enfantin) est jusqu’à présent un genre unique au Labellais.

Le masculin désigne tous les mâles adultes, c’est-à-dire en âge de se reproduire, le féminin est analogue mais pour les femelles. Enfin, l’infantile désigne indifféremment les mâles et les femelles ne pouvant se reproduire. A noter que par courtoisie, l’infantile ne sera pas utilisé pour désigner un adulte humain stérile, le critère d’être accepté socialement  comme adulte ou non prime dans les faits sur la capacité réelle de  reproduction.

Le féminin l’emporte si plusieurs individus de genres différents sont désignés.

Une histoire de noms

Le nom (ou substantif) est une classe grammaticale regroupant certains lemmes. Les lemmes sont les éléments indépendants du lexique, ils sont couramment appelés mots. Les noms sont les mots qui désignent la substance (d’où le nom substantif) des êtres, des choses et des idées comme canard, marteaux ou démocratie, mais aussi des sentiments, des actions et des caractéristiques comme amour, meurtre ou largueur, et la liste est sans fin. Les noms sont les rares lemmes que l’on peut associer à un référent (ou référence), c’est-à-dire un objet de la réalité extralinguistique.

C’est une classe grammaticale ouverte, il n’est donc pas rare qu’elle vienne s’enrichir au fil du temps, de nouveaux éléments en fonction de la vision de la réalité à laquelle sont confrontés les locuteurs mais également d’autres noms pour désigner une même chose.

La plupart des langues font une différence entre nom commun et nom propre, ce n’est pas le cas du rorquais qui compte des noms dit immobiles ou mobiles. Il est impossible de déterminer avec une règle la classe à laquelle un nom appartient à l’exception des éléments qui sont tous immobiles.

Les noms en Labellais ne portent pas de marques de nombre, (l’équivalent du –s au pluriel en français), le nombre est donné par le déterminant ou le contexte. Le genre, en Labellais n’existe pas pour les noms mais seulement pour les humains et les autres animaux, aucune flexion due au genre n’existe donc pour eux.

Nom de code : Labellais

Le rorquais (parfois appelé magadanien) est une langue construite (ou conlang) que nous  avons créée avec notre ami E. Decaux à partir de 2015. Pour les besoins de l’immersion, nous nous exprimerons désormais comme si cette langue et ses locuteurs existaient.

Le rorquais (de арурк/arork : langue) est une langue parlée dans l’Extrême-Orient russe sur les bords de la mer d’Okhotsk par le peuple éponyme. Les premiers habitants de cette région, au moment où Homo sapiens a traversé le détroit de Béring, s’installèrent aux abords de l’actuelle ville de Magadan en Russie. Leur nom russe vient de celui de cette ville (Magandansky).

Les Rorquais ou « Katamak » (littéralement : NousHommes) se dispersèrent, par la suite, tout autour de cette mer, de la péninsule du Kamtchatka aux iles Kouriles au nord-est du Japon. Grands commerçants, leurs nombreux voyages les menèrent jusqu’en Alaska à la rencontre des aléoutes. Bien que raffinés et cultivés, ils n’écrivaient pas leur langue, même quand ces derniers devinrent semi-nomades au XVIIIème siècle, ils n’utilisaient aucun système d’écriture, sauf pour écrire le nom de leur dieu. La religion fera l’objet d’un prochain article, mais il faut pour l’instant retenir qu’ils n’avaient à lire que ce mot-ci.

Les Magadaniens  étaient de culture maritime, organisés autour de trois grands centres urbains (Magadan au Nord, Dolinsk au Sud-Ouest et Itchinski à l’Est), cette organisation  perdura jusqu’en 1940 quand, avec la guerre, ils durent se sédentariser et adopter l’écriture des russes.